LDigital : le collectif Auvergne-Rhône-Alpes pour favoriser la place des femmes dans le numérique

Virginie Tran-Pitters
Fondatrice, iscab

#ParcoursPerso

D’origine asiatique, Virginie était plutôt introvertie. « Je voulais sortir de ma carapace et affirmer ma personnalité, c’est pour cela que j’ai choisi de faire du commerce. Au moment de choisir son secteur d’activités, Virginie hésitait entre la cosmétique et l’automobile, « parce que mon oncle était mécano », ajouta t-elle. Finalement, son expérience dans les cosmétiques n’a pas su la séduire, alors qu’elle a de suite accroché avec l’automobile. « J’aime la relation franche qu’il y a entre les acteurs de ce secteur. On se dit vraiment les choses. »

#ParcoursPro

Virginie s’est donc orientée vers un BTS management qu’elle a couplé avec l’école de vente Citroën. « J’ai ainsi travaillé chez Citroën pendant 5 ans, où j’étais chargée de développer le secteur Caluire et Rillieux La Pape. Et puis j’ai eu plus d’ambition et j’avais envie de travailler des volumes de ventes plus importants. » Elle a donc quitté Citroën pour rejoindre Renault, où elle était Responsable secteur véhicules neufs.

« C’était un travail vraiment différent que celui que j’avais au showroom. J’animais 5 réseaux d’agents de marque et touchais à tout. » Du management au marketing en passant par du commercial pur et dur, Virginie s’est épanouie dans cet environnement qu’elle a qualifié de « très stimulant ». « Ça a été une expérience très enrichissante et humaine. J’ai beaucoup aimé pousser mes commerciaux à aller plus loin car je savais qu’ils étaient, comme moi à l’époque, stimulés par la volonté d’augmenter leurs volumes. »

#Echec

« Ce n’est pas du tout une période d’échec pour moi, je l’ai plutôt vécu comme un « élément déclencheur ». »

En effet, après 5 ans passés chez Renault, Virginie a décidé de reprendre sa vie en main. « Même si mon quotidien sur le terrain était moins routinier, j’étais déçue par le manque d’amplitude qui m’était accordé quant à la prise de décision. Je passais trop de temps à faire de l’administratif, cela ne me convenait plus. »

La véritable frustration dans tout ça, c’est la mauvaise adéquation entre les talents des collaborateurs et le management traditionnel que peuvent avoir certains grands groupes : « mon entourage m’a toujours dit que j’avais une personnalité à part, et c’est vrai qu’ils n’ont pas su exploiter mon potentiel. »

#Succès

Ainsi, dans la même année, Virginie a quitté son poste chez Renault, s’est mariée et est tombée enceinte. « On dit qu’être enceinte change les ambitions d’une femme. Ça a totalement était le cas pour moi », ajoute t-elle.

C’est donc suite à cette prise de conscience et enceinte de 4 mois que Virginie intègre le programme Digital Booster de l’emlyon. « Après 10 ans d’expérience dans l’industrie automobile, je connaissais bien la réalité du terrain. On croule sous les papiers, parfois, le backoffice ne suit pas bien les commandes et surtout, les clients ont la sensation d’une relation très impersonnelle après la vente. » C’est comme cela que lui ait venu l’idée d’iscab : « j’avais envie de changer l’expérience client en concession automobile », ajoute-t-elle.

Cette création d’entreprise est, pour elle, autant une réussite professionnelle que personnelle, « se lancer, c’est ouvrir son esprit. J’ai vraiment pris conscience que lorsque l’on est salarié, des œillères apparaissent avec la routine. » Selon elle, entreprendre c’est se rendre compte que « l’on est tous différents. Ça développe la créativité et c’est extrêmement enrichissant ».

#ConvictionNumérique

Si elle n’avait qu’une chose à dire aux femmes qui hésitent encore à se lancer dans le numérique, Virginie leur dirait : « n’hésitez pas ! ». « Le numérique apporte un nombre infini d’opportunités car aujourd’hui, tout le monde est connecté. » Ne pas avoir peur des clichés, voilà la clef pour se lancer dans ces nouveaux métiers : « Les femmes de l’industrie automobile ou du numérique ne sont pas celles que vous croyez. Elles sont créatives et entrepreneuses, on est très loin du geek à lunettes ! » Pour conclure, elle ajoute : « tout le monde peut trouver sa voix dans le numérique. C’est certain. »

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